Bernard Antoine Lipp (1789 - 1866)
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Bernard Antoine Lipp voit le jour le 1er décembre 1789 à Murbach (Haut-Rhin).
Il est le fils d’Antoine Lipp (1764-1844), agent des douanes, également natif de Murbach et de Marie Jserlohn (1765-1837).
La Jeune Garde et la campagne d’Allemagne
Bernard Antoine Lipp devient membre de la Jeune Garde en avril 1813 lors de son incorporation au 9e régiment de voltigeurs, régiment d'infanterie légère qui vient d’être créé (6).
Il tombe ensuite assez rapidement malade et n’a pas l’occasion de combattre avec le 9e voltigeurs. Celui-ci ne sera en effet engagé qu’en août 1813 à la bataille de Dresde, puis en octobre lors de la bataille des Nations (7).
Suite à sa maladie, Bernard Antoine Lipp est hospitalisé à partir de mai ou juin 1813 dans un hôpital de campagne (hôpital ambulant). Il y est victime d'un grave ulcère de l'estomac dans la nuit du 11 au 12 juillet.
Le 15 juillet, il écrit à ses parents (1) qu'il a été transféré dans l’hôpital d’une ville située " à 32 heures de Mayence ". Bernard Antoine n’est pas plus précis par peur de la censure qui pourrait ne pas autoriser l’envoi de cette lettre. Il ajoute par contre qu’il souhaite revenir auprès de sa famille et a bon espoir d’y parvenir, puisque le médecin militaire lui a indiqué que la vie de soldat était terminée pour lui, et que s’il se rétablit (!), les certificats qu’il lui donnera, lui permettront d’être autorisé à quitter le service.
Il rencontre par la suite ses parents, fin juillet ou début août, à Mulhouse.
Signature malhabile de son épouse Barbara Boeglin
Bibliographie :
Sources familiales :
1 : lettre envoyée le 15 juillet 1813 par Bernard Antoine Lipp
2 : lettre envoyée le 18 novembre 1813 par Bernard Antoine Lipp
Sources de l'Etat-civil :
3 : acte de décès de Barbara Boeglin du 21 décembre 1850
4 : acte de décès de Bernard Antoine Lipp du 2 septembre 1866
Bibliographie générale :
5 : Pigeard Alain (2003) La conscription au temps de Napoléon
6 : Pigeard Alain (2005) La Garde impériale p. 303
7 : Pigeard Alain (2005) La Garde impériale p. 305
8 : Pigeard Alain (2005) La Garde impériale p. 524
9 : Damamme Jean-Claude (1998) Les soldats de la Grance Armée p.265-266
10 : Damamme Jean-Claude (1998) Les soldats de la Grance Armée p. 47
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Les douanes royales
Après avoir été dégagé de ses obligations militaires, Bernard Antoine Lipp devient préposé aux douanes royales à Zillisheim au sud de Mulhouse (Haut-Rhin) où son père est alors en poste. Le 26 octobre 1814, il épouse à Hirsingue, Barbara Boeglin (1787-1850), native de ce village.
Le couple aura trois autres fils, en dehors du premier né en 1813 : Bernard né en 1814, Antoine né le 29 septembre 1819 et Louis né le 29 septembre 1822.
Bernard Antoine Lipp est muté à Hirsingue, où la famille Lipp se fixe définitivement, avant 1819. Suite à sa mise à la retraite des douanes, sans doute vers 1845, il est employé en tant que cantonnier par la municipalité d’Hirsingue au moins jusqu’en 1854. Il prendra par la suite une retraite définitive.
Son épouse Barbara décède le 21 décembre 1850 alors que Bernard Antoine est âgé de 61 ans (3).
Le 29 décembre 1854, il achète un petit pré au lieu-dit Luzemberg sur la commune d’Hirsingue (il est à noter que le notaire orthographie encore le village “Hirsingen”).
Il est qualifié en 1854 sur un document d’état-civil de "survivant", certainement en relation avec son statut d’ancien combattant de l’Empire.
En 1857, Bernard Antoine reçoit la Médaille de Sainte Hélène (cette décoration voulue par Napoléon 1er fut instituée par Napoléon III et remise aux 405.000 anciens combattants de la Grande Armée alors encore en vie)
Bernard Antoine Lipp décède le 2 septembre 1866, à l'âge de 76 ans, à Hirsingue (4). Sa mort est survenue dans sa maison située dans la rue dite Langgasse à 5h du matin.
Signature de Bernard Antoine Lipp qui semble orthographier son nom “Lippe”.
La Vieille Garde et la Campagne de France
Bernard Antoine Lipp est incorporé en début d’année 1814 au 1er chasseur à pied de la Garde. Pour entrer dans cette unité d’élite commandée par le colonel Cambronne, il fallait avoir effectué au minimum dix années de service (ce qui n’était pas le cas de Bernard Antoine Lipp), deux campagnes et avoir un bon dossier militaire. Les hommes composant ce régiment avaient une grande expérience des combats. Ils étaient ainsi pratiquement immunisés aux horreurs de la guerre. Il fallait en outre mesurer au moins 1m 80 (8). Ce régiment est généralement décrit comme l’une des meilleures unités de combat de son époque.
Bernard Antoine participe au sein de cette unité à la Campagne de France de janvier à avril 1814, notamment à la victoire de Montmirail, le 11 février, à laquelle la Vieille Garde a largement contribué, puis aux batailles de Reims et de Paris (31 mars).
Après la chute de Paris, un gouvernement provisoire est institué. Celui-ci permet aux conscrits, par un arrêté du 4 avril, de retourner dans leurs familles. C’est probablement à ce moment que Bernard Antoine Lipp quitte définitivement l’armée et rentre en Alsace.
Bernard Antoine Lipp dans la Grande Armée
Né en 1789, Bernard Antoine Lipp est appelé sous les drapeaux avec les conscrits de la classe 1809. Au vu des besoins grandissants de l’armée, les levées d’hommes de cette classe ont commencé dès janvier/février 1808 (80.000 hommes), puis en avril (15.225 hommes) et enfin en septembre 1808 (20.000 hommes). Quelques milliers d’hommes supplémentaires sont enfin levés en avril et octobre 1809 (5).
C’est donc probablement dès le début de l’année 1808 que Bernard Antoine Lipp intègre la Grande Armée.
Nous ne savons pas qu’elle est sa carrière militaire de 1808 à 1812. Néanmoins, il est admis dans une unité d’élite de la Vieille Garde en 1814, ce qui signifie qu’il avait participé précédemment au minimum à deux campagnes militaires (dont la campagne d’Allemagne en 1813). Il peut s’agir de la guerre d’Espagne (1808-1814), ou plus probablement de la campagne contre l’Autriche en 1809 avec notamment la défaite d’Essling, puis la victoire de Wagram.
Par la suite, les années 1810 et 1811 constituent une période de relative stabilité pour l’Empire et il est probable que Bernard Antoine Lipp ait été en garnison en Alsace ou dans les nouveaux départements annexés à l’Empire français (correspondant pour l’Allemagne à des portions des actuels Länder de Sarre, de Rhénanie-Palatinat, de Basse-Saxe et du Schleswig-Holstein).
Nous retrouvons Bernard Antoine à Hirsingue (Sundgau) en novembre 1812 (neuf mois plus tard, sa fiancée Barbara Boeglin, habitant le village, accouchera d’un petit garçon). Il n’a donc pas pu participer à la campagne et à la retraite de Russie qui étaient alors en cours.
Bernard Antoine apprend par une lettre de sa “bien-aîmée d’Hirsingue”, la naissance de son premier fils à Hirsingue le 18 août 1813. Il est hospitalisé du 8 septembre au 13 octobre dans un hôpital parisien où il est en très mauvaise santé à la fin de son séjour. Il y souffre notamment de la faim. Il est alors transféré à l'hôpital de Rueil-Malmaison. La fin du mois d’octobre est très difficile pour lui.
Il faut rappeler que la plupart des hôpitaux durant les guerres napoléoniennes ne sont rien d’autre que des mouroirs sordides (9). L’entassement des malades, l’absence totale d’hygiène et l’incurie du personnel médical y font au moins autant de pertes que les champs de bataille. Néanmoins, la situation de Bernard Antoine Lipp a sans doute été meilleure puisque, sur ce plan comme sur tous les autres, la Garde était systématiquement mieux traitée que les troupes de ligne (10).
Bernard Antoine se rétablit progressivement à partir du début du mois de novembre. Il écrit encore à ses parents le 18 novembre depuis l’hôpital de Rueil-Malmaison (2). Bernard Antoine indique qu’il devra défiler le 20 novembre devant l’Empereur (qui se trouve effectivement à Paris à cette période), puis qu’à la fin du mois il devra rejoindre la Grande Armée en passant par Metz puis Mayence. Il souhaite rendre visite à sa famille à cette occasion (en réalité, à cette date l'armée française a intégralement repassé le Rhin et se trouve en position défensive en France).
Lettre envoyée le 15 juillet 1813 (1) par Bernard Antoine Lipp à son père Antoine Lipp, préposé des douanes impériales à Zillisheim (Haut-Rhin).
L’adresse indiquée a été rédigée en français par une autre personne. Elle porte le cachet de la “Grande Armée”.
Le texte intérieur d’une longueur de deux pages est rédigé dans un excellent allemand, écrit de la main de Bernard Antoine Lipp.
Uniforme des voltigeurs de la Garde
Lettre rédigée en allemand, envoyée le 18 novembre 1813, par Bernard Antoine Lipp à son père Antoine Lipp (2).
Grognard du 1er chasseur à pied de la Garde
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