Katharina van Hees (1854 - 1924)
Katharina van Hees naît le 3 novembre 1854 à Saarlouis en Sarre, région à l’époque incorporée au royaume de Prusse. Ses parents se sont mariés très exactement neuf mois avant sa naissance, le samedi 4 février de la même année (3).
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Sa fille Katharina naît donc le 3 novembre 1854 à Saarlouis. Nous ne connaissons que peu de détails sur sa vie.
Elle épouse Friedrich Wilhelm Roth, de sept ans son aîné, le samedi 20 novembre 1875 à Saarlouis (3).
Le couple aura huit enfants, dont six filles (pour le détail, voir la biographie de Friedrich Wilhelm). Katharina était femme au foyer et avait énormément de travail, notamment du fait de ses six filles (1).
Katharina van Hees perd son mari en 1912. Elle décède " après de courtes souffrances " (2) le 8 août 1924 à Rehlingen (Sarre).
A l'opposé, les influences allemandes étaient beaucoup plus fortes du côté van Hees, famille d’origine protestante (4). A partir de 1815, l’état Prussien utilisa Saarlouis comme forteresse protégeant sur sa frontière occidentale. Saarlouis devint une ville de garnison où étaient envoyés de “vrais” allemands originaires de Prusse, de Saxe ou de Rhénanie enfin d’y effectuer leur service militaire. Les autorités espéraient ainsi “germaniser” progressivement la population locale. Ce fut effectivement un succès et en 1870, l’armée Prussienne était considérée d’une façon très favorable par la population locale.
L’installation de Joseph van Hees originaire de Cologne est typique de ce processus. D’origine protestante, il avait quitté la Rhénanie pour s’installer en Sarre où la population était très majoritairement catholique. Après avoir connu sa future femme, il a sans doute accepté un mariage catholique puis le baptême de ses quatre filles : Katharina, Maria, Dorothea et Elisabeth. L’influence protestante est restée néanmoins présente dans la famille van Hees puisque Maria et Dorothea se sont mariées à des protestants.
Sources familiales :
1 : Nicole Morel, selon les souvenirs d'Elisabeth Roth, fille de Katharina van Hees
2 : Faire-part de décès de Katharina van Hees
4 : Buckhard van Hees
Sources de l'Etat-civil :
3 : Etat-civil de Saarlouis - Standesamt Kreisstadt Saarlouis (Deutschland)
Katharina van Hees photographiée vers 1907 chez le photographe Victor Gross à Saarlouis
Faire-part de décès de Katharina van Hees
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Sa mère, Catherine Mouth, naquit le 14 août 1831 à Saarlouis. Elle y exerçait la profession de sage-femme, tout comme sa propre mère, Barbara Klein (3). Cette branche maternelle était établie à Sarrelouis (nom français de cette ville) depuis 1740 environ. Elle était restée fortement attachée à l'influence française ancienne.
Sarrelouis fut en effet construite par Vauban sur ordre de Louis XIV en 1680 après la conquête du duché de Lorraine par la France. Cette citadelle et ville de garnison stratégique resta par la suite une enclave française durant la nouvelle indépendance de la Lorraine de 1697 à 1766. Ce n’est qu’en 1815, avec la chute du Premier Empire que Sarrelouis, après 135 ans de domination française, devint définitivement allemande.
La biographie des grands-parents de Katharina nous fait comprendre leurs origines françaises :
Son grand-père, Jacques Mouth, naquit le 7 août 1786 à Sarrelouis. Il fut incorporé dans l’armée française comme conscrit de 1805 à 1810. Il participa ainsi aux prestigieuses campagnes de la Grande Armée en 1805, 1806 et 1807 face à l’Autriche (notamment les batailles d’Ulm et d’Austerlitz), à la Prusse (bataille d’Iéna) et à la Russie (bataille de Friedland). Après sa libération à la fin de ses cinq années de service militaire, Jacques Mouth se maria à Sarrelouis le 23 avril 1810 avec Barbara Klein. Il avait alors le statut d’ancien militaire pensionné par l’armée française. Ses témoins de mariage comprenaient trois officiers supérieurs : le colonel Taubin, le général Legros et le commandant de l’Isle, ainsi que le magistrat Georges Beaumont (3). Jacques Mouth était donc certainement officier lui-même. Il est possible que des blessures ou une invalidité l’aient empêché de continuer à servir dans l’armée française jusqu’en 1815.
De 1810 à 1815, le couple réside à Sarrelouis où il aura quatre enfants : Michel, Pierre, Marie et François. Le passage en 1815 de Sarrelouis, ville de garnison française, à Saarlouis, ville de garnison allemande incorporée au royaume de Prusse, a constitué un choc pour sa population. Les Prussiens étaient alors considérés comme une force d’occupation. La famille Mouth quitta la ville en 1815 pour s’établir à vingt kilomètres de là, à Bouzonville en Moselle française ! Ils y vécurent durant plus de dix ans et y eurent cinq autres enfants : Jean, Catherine, François, Barbara et Marie. Ils revinrent enfin à Saarlouis où ils eurent un dernier enfant en 1831, Catherine, la mère de Katharina. Ce n’est donc qu’à cette époque que la famille Mouth devint officiellement allemande ! (3)
En 1857, Jacques Mouth reçu la médaille de Sainte-Hélène qui fut décernée à tous les vétérans encore en vie des guerres révolutionnaires et napoléoniennes qu’ils soient français ou non.
Barbara Klein puis sa fille Catherine ont donc exercé toutes les deux la profession de sage-femme. Celle-ci était généralement réservée aux jeunes femmes issues de la petite bourgeoisie. Barbara a été formée à ce métier durant la période française. Elle était par contre probablement germanophone comme la plupart des habitants originaires de Sarrelouis. Il est donc possible qu’elle ait effectué ses études à l’école de sages-femmes de Strasbourg qui était la seule à être à la fois française et germanophone. Ces études à la fois théoriques et pratiques duraient toute une année et étaient dispensées en milieu hospitalier par des médecins et des sages-femmes expérimentées. Il est à noter qu’à la fin de leur vie, Catherine et son mari étaient établis à Strasbourg. Catherine y décéda en 1891.
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Son père était Joseph van Hees, né à Cologne le 2 mars 1826. Sa famille vivait à Wesseling, ville située au sud de Cologne. Joseph van Hees effectua son service militaire comme sous-officier au sein du 40e régiment d’infanterie. Son passage sous les drapeaux prussiens le força à quitter sa région natale pour la ville de Saarlouis. Il y fit la connaissance de Katharina Mouth, de cinq ans sa cadette. Lors de son mariage à l’âge de 27 ans, il était encore militaire. Par la suite, il exerça à Saarlouis la profession de “Chaussee-Aufseher”, ce qui correspondait à un emploi de surveillance de la circulation sur les routes principales. Joseph van Hees décéda à la fin du XIXe siècle à Strasbourg, alors partie intégrante de l’Empire allemand (3).
Le port de Cologne sur les bords du Rhin vers 1828, peu de temps après la naissance de Joseph van Hees.
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